Les barrages de castors permettent aux cendres des feux de forêt de se déposer, gardant ainsi propres les zones en aval.

Introduction

Un demi-million d’acres est une superficie dont la taille est difficile à comprendre. Plus grande que des dizaines de pays dans le monde, c'est la taille de la zone forestière brûlée dans le bassin supérieur de Klamath lors de l'incendie de contrebande en 2021, l'un des plus grands incendies de forêt de l'histoire de l'Oregon. La région abrite plusieurs espèces menacées et en voie de disparition que l'on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde, comme la chouette tachetée du Nord (Strix occidentalis caurina). Le brûlage initial n’est que la première phase de la menace pesant sur les espèces qui y vivent.

Après un incendie de forêt, l’immense quantité de débris calcinés qui s’écoulent dans les cours d’eau constitue une deuxième phase de menace, notamment pour les espèces aquatiques. En effet, l'habitat aquatique d'une grande partie du bassin supérieur de Klamath est devenu tellement encombré de cendres que les populations de poissons ont pratiquement disparu. Et pourtant, dans une partie du bassin, les cours d'eau sont restés clairs, exempts de suie et remplis de poissons, comme le meunier à museau court, une espèce en voie de disparition (Chamistes brevirostris), et le meunier de la rivière perdue (Deltiste luxatus).

La stratégie

Les biologistes de la faune ont découvert que les arbres et autres végétaux du bassin survivaient dans un type de zone particulier : autour des barrages de castors. De plus, ils ont constaté que les cours d’eau situés en aval des barrages étaient clairs et remplis de poissons. Ce qui semble s'être produit, c'est que le ruissellement provenant du feu s'est déposé dans les étangs de castors, gardant ainsi les cours d'eau en aval en bonne santé. Des observations similaires ont été faites après les incendies de forêt, non seulement dans l'Oregon, mais également dans d'autres États occidentaux, notamment le Colorado, le Wyoming, la Californie et l'Idaho.

Il a été constaté que les sédiments en aval des barrages de castors ne représentent qu'environ un tiers de ce qu'ils sont en amont. Les étangs de castors créent des sanctuaires qui aident les écosystèmes forestiers à se remettre des perturbations, et les poissons en aval que leur travail protège maintiennent à leur tour les populations de castors de la forêt.

Cette dynamique réciproque est à l’œuvre depuis au moins 20 millions d’années, depuis que les castors modernes apparaissent dans les archives fossiles.

Le potentiel

Mieux comprendre la dynamique des écosystèmes à long terme permet aux gestionnaires de la faune de planifier la préservation des paysages, plus important que jamais dans les régimes de perturbations d’un monde en changement climatique. La reconnaissance du rôle des barrages de castors pour rendre les forêts plus résilientes a également donné lieu à des actions spécifiques allant au-delà de la protection des populations de castors. Par exemple, les gestionnaires de la faune installent de plus en plus de murs de végétation en travers des cours d’eau, ou « analogues de barrages de castor », avant les pluies printanières dans les zones brûlées par les incendies de forêt l’été précédent.

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Dernière mise à jour le 11 septembre 2023