Une protéine permet au bébé baleine de créer des impulsions électriques ultra-rapides.

Introduction

Il n'est pas facile pour un poisson de communiquer en toutes circonstances, mais encore plus difficile pour ceux qui sont actifs la nuit. Un poisson d'Afrique de l'Ouest connu sous le nom de bébé baleine (Brienomyrus brachyistius) a trouvé une solution choquante au dilemme : il produit des impulsions électriques à partir d'un petit organe à la base de sa queue. Les impulsions lui permettent de communiquer des informations sur son espèce, son sexe et ses intentions aux autres membres de son espèce. Ils aident également le bébé baleine à trouver son chemin dans l'obscurité.

Les impulsions lui permettent de communiquer des informations sur son espèce, son sexe et ses intentions aux autres membres de son espèce.

La stratégie

L'utilisation de l'électricité de cette manière présente cependant deux inconvénients potentiels. Premièrement, les prédateurs capables de détecter les impulsions électriques pourraient utiliser les signaux comme moyen de se concentrer sur un repas. Deuxièmement, si trop de poissons « parlent d'électricité » en même temps, les messages pourraient interférer les uns avec les autres, comme ils le font pour les humains dans un bar bondé ou une salle de fête. Pour contrer ces complications potentielles, le bébé baleine a développé un moyen de créer des impulsions électriques faibles et extrêmement rapides qui ne durent que quelques millièmes de seconde. Ces brefs blips (écoutez-les ici) sont plus difficiles à détecter pour les prédateurs que les plus longs. Ils réduisent également la probabilité que les messages envoyés se perdent dans un tas de buzz générés par d'autres membres de l'espèce.

Le secret des bips rapides réside dans de minuscules tunnels appelés canaux potassiques que l'on trouve dans les cellules nerveuses du monde animal. UN , KCNA7, joue le rôle de gardien pour ces cellules, permettant par intermittence aux particules chargées de conduire les signaux nerveux. Le bébé baleine crée ses bips électriques ultra-rapides en ouvrant et en fermant les canaux potassiques dans les petites cellules en forme de plaque qui composent son organe électrique. La rapidité incroyable avec laquelle il le fait est due à une variation de son KCNA7, qui a une charge négative qui lui permet d'ouvrir et de fermer le canal potassique beaucoup plus rapidement que ce qui est caractéristique des autres animaux.

Le potentiel

Les chercheurs ont déjà noté l'intérêt de connaître ce mécanisme pour comprendre et potentiellement corriger les problèmes de fonctionnement cérébral et musculaire chez l'homme qui résultent de canaux potassiques trop sensibles ou pas assez sensibles, notamment l'épilepsie, les migraines et les troubles musculaires. La capacité d'affiner les canaux potassiques à l'échelle d'une fraction de milliseconde pourrait fournir des informations précieuses pour les efforts visant à développer des interrupteurs marche-arrêt extrêmement rapides à utiliser également dans l'électronique ou d'autres innovations non biologiques.

Dernière mise à jour le 19 novembre 2016